mercredi 1 février 2012

Procès Shafia : la religion n'a peu à voir avec les crimes d'honneur

Mise-à-jour à la fin du billet

Prélude
Pour faire simple disons que depuis la nuit des temps la cellule familiale a été la première source de pouvoir et d’autorité, la première forme de gouvernement.


De kossé ?
C'est principalement à cause de la nature biologique de l’un et de l’autre que l’homme devint tout naturellement le chef de la famille. Pendant que la mère donnait le sein à son enfant, l’homme se devait de les nourrir et de les protéger contre les animaux sauvages et contre les caprices de la nature. Et des humains. L’enfant dépendait de sa mère qui elle dépendait du chef de famille. Dans toute forme de gouvernement il y avait des règlements pour maintenir l’unité et la cohérence. Les chicanes ou la désobéissance se réglaient à coups de poings sur la yeule ou à coups de claques sur les fesses.

Les autres formes de gouvernements ou d’autorités
En dehors de la famille, il y avait le clan avec à sa tête un chef.  Malheur à celui ou celle qui osait défier l’autorité du chef de clan ou de la tribu. On n’attendait pas trop longtemps pour l’envoyer paître dans un autre monde.

La croissance de la population aidant vint par la suite la bourgade avec son bourgmestre, le village avec son maire, le comté avec comte, la province avec son Premier Ministre et le pays avec son chef d’État, le plus souvent un tsar, un roi ou une reine ou un dictateur.
 Mais, malheurs à ceux et celles qui osaient défier l’autorité de l’un et de l’autre. Mafia, vendetta, guerres de clans, guerres de territoires et mêmes guerres du pétrole.
De là dire que les crimes d’honneurs ne sont qu’une affaire de religion est faux car c’est avant tout une affaire de représailles contre ceux qui ont défié l’autorité.

Dieu propose et les hommes disposent
Bien sur il y a eu quelques périodes de l’Histoire où les hommes (réformes protestantes) et des femmes dont Marie Stuart  se sont servit de la religion comme prétexte à faire des guerres soit pour agrandir leurs territoires ou encore pour exercer leurs autorités, par exemple la Reine Victoria, reine d’Angleterre et du Canada.

Remontons encore une fois dans  le temps pour dire que l’homme est passé de chasseur-cueilleur à cultivateur ou pêcheur ou  bucheron,  certains étaient même tout cela à la fois : cultivateur-pêcheur-bucheron.
Souvent éloigné de la maison, il délégua certains  pouvoirs à l’épouse en lui donnant autorité sur leurs enfants. C’était désormais elle la Reine du foyer.
Mais plus souvent qu’autrement la sale job de bras revenait toujours au père pour discipliner les enfants désobéissants. C’est toujours à lui que revenait cet honneur ! Ce n’était pas une plaisanterie, une farce lorsque Yvan Deschamps dans un monologue faisait dire à une mère : -attends que ton père arrive tu vas en manger une maudite» C’était comme ça dans le temps avant et après le jour de l’an.


La perte d’autorité
Une québécoise écrivaine d’origine vietnamienne s’étonnait récemment du peu d’autorité qu’ont les parents québécois sur leurs enfants. Elle ne savait pas que les parents avaient perdu cette autorité avec la Révolution tranquille et l’État qui régente presque tout, avec la montée de l’athéisme, avec la désacralisation des croyances,  avec l’avènement de la pilule, avec la «libération de la femme » (divorces, avortements) avec la DPJ, bref avec la désorganisation de la société des familles où les parents sont devenu avec le temps des éphémères monarques sans autorité,  où la religion est disparue.

L’Église a le dos large
Dans le temps, la religion catholique était gardienne de la morale. Il n’était pas permis de courir la galipote, elle ne tolérerait pas l’alcoolisme, la luxure, le divorce et l’avortement.

L’Église catholique n’a jamais enseigné que l’homme pouvait maltraiter son épouse et ses enfants ni que l’épouse avait la permission de brutaliser son époux ou ses enfants. Encore moins de s’assassiner entre eux.


Mise-à jour du 3 février 2012
L'Émission Enquête de Radio-Canada nous a fait apprendre un peu plus sur l'affaire Shafia.
Nous avons appris qu'après avoir refusé la fréquentation de sa fille avec un Pakistanais le père Shafia s'était résigné au mariage. Le mariage fut célébré mais la famille du marié refusa de participer à la noce d'où la colère et le déshonneur.
La première épouse Rona : pourquoi est-elle venue au Canada sachant que son époux était si malcommode ?

Je crois que les médias ne se sont pas assez attardés sur le rôle de de la deuxième femme de Shafia, Tooba  Yahya dans ces meurtres. Même si tout le monde avait beaucoup à perdre, c'est elle qui perdait tout.

* Un journaliste se doit de m'informer et non de me donner son opinion en manipulant la nouvelle.

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